Alaya : une assiette à la bolivienne.

La gastronomie bolivienne ne jouit pas de la même réputation que sa voisine péruvienne.

À la Paz, il est ainsi plus facile de se régaler de street food (tucumana, papas rellenas, salchipapas…) ou bien de nourriture étrangère (surtout des pizzas et des burgers) que de trouver un bon restaurant traditionnel.

Pour découvrir et goûter l’essentiel des repas qui font le quotidien des Pacéniens, rendez-vous à l’Alaya, sorte de cantine sur trois étages à mi chemin entre le resto et la cafétéria, sans véritable charme, et situé dans le centre très animé de la ville. Ici, on vient manger plus ou moins à n’importe quelle heure, on passe sa commande et on paie à l’entrée, un peu comme au Drive d’un MacDonald, avant d’aller prendre place à l’une des innombrables tables aux nappes en plastiques décorées de photos de fruits et de fleurs, dans l’une des trois grandes salles aux murs d’un jaune un peu bâtard, tapissés de photos vieillissantes qui célèbrent les richesses du pays, du Salar de Uyuni, au Lac Titicaca en passant par ses vignes.

Mieux vaut ne pas être pressé, ne pas avoir besoin de travailler l’après-midi et surtout avoir très faim, les assiettes étant copieuses (le mot est faible) et la cuisine de la maison très généreuse. L’Alaya ne s’embarrasse pas de la présentation et dépose sur la table des plâtrées gargantuesques à dévorer au son des telenovelas diffusées dans le restaurant. Le menu du jour, à 18 bolivianos (un peu plus de deux euros) est le plus souvent composé d’une soupe (qui pour certains pourrait déjà suffire), un morceau de poulet, servi avec des oignons et pommes de terres nationales (à la couleur et au goût parfois un peu particuliers) et enfin une gélatine peu inspirante à première vue, mais finalement savoureuse et rafraîchissante, et dont raffolent les Pacéniens, qui en achètent dans de petits stands et en dégustent tout au long de la journée dans les rues de la ville.

Pour le reste, des plats gigantesques, de la viande de porc, de boeuf ou de poulet, grillée ou marinée et relevée, accompagnée de riz, d’une banane plantain, d’un énorme épi de mais et de grosses patates (normales, natives ou douces) à environ 5 euros, les traditionnelles salchipapas (sorte de morceaux de saucisse Herta grillés à l’huile + frite : un aller simple pour les toilettes pour les estomacs fragiles) pour un peu moins de trois euros, ou bien des assiettes un peu plus élaborées, mais simplement le samedi et le dimanche.

L’occasion de se régaler des saveurs simples, de goûter une cuisine pas nécessairement surprenante, mais diaboliquement abondante et pour le moins dépaysante, au beau milieu de la population pacénienne, qui a fait de l’Alaya, un resto du quotidien.

Restaurant Alaya, calle Cochabamba – La Paz.