Battambang, gourmandes surprises.

Battambang, c’est la deuxième ville du Cambodge en terme de population, le grenier agricole du pays en raison des plaines fertiles qui l’entourent où les noix de coco, les oranges, les bananes et surtout le riz sont produits en quantité, et enfin le lien entre la capitale Phnom Penh et la Thaïlande, et le centre commercial principal, depuis un demi-millénaire, de l’ensemble des provinces avoisinantes, peuplées d’ethnies khmères, mais aussi thaïs, laotiennes et chinoises.

Si, à la différence de Siem Reap et de ses temples, destination privilégiée des voyageurs partis à la découverte du Cambodge, Battambang n’est pas une terre de tourisme, la ville a de nombreux atouts à faire valoir.

À commencer par son architecture, subtil mariage entre la tradition cambodgienne, qui permet à la ville de conserver une charmante atmosphère provinciale, et l’influence coloniale héritée de l’administration française qui a fait de Battambang, après 1907, l’un des plus importants centres urbains de son Indochine. Auparavant, les maisons en bois s’étendaient le long de la rivière Sangker jusqu’au Tonlé Sap, le plus grand lac d’eau douce d’Asie du Sud-Est, d’ailleurs désigné « réserve de biosphère » par l’Unesco en 1997. Aujourd’hui, les vieilles maisons coloniales, le long des rues 1, 2 et 3, le Psar Nat, le grand marché, inauguré en 1936, les cafés et les boulangeries à la françaises épousent l’authenticité parfois rustique des villages qui ceinturent la ville, ou encore les charrettes à traction animale qui continuent de cohabiter avec les voitures.

La Bat Cave, d’où s’échappent chaque soir plusieurs millions de chauves-souris, le Wat Domrei Sor, également appelée la pagode de l’éléphant blanc, les vestiges du temple Ek Phnom, construit au XIème siècle, de Wat Banan, l’un des mieux préservés de la région, ou encore de Phnom Sampeau, tristement célèbre pour ses grottes devenues des charniers pendant la période des Khmers rouges, et enfin le Bamboo Train, un véhicule façonné de bambou et qui chemine sur les voies ferrées des environs de Battambang, constituent les principaux centres d’intérêts de la ville.

Mais le meilleur moyen de plonger dans le quotidien des habitants de cette province reste de s’aventurer dans les bourgades et les hameaux alentours et d’explorer les habitudes, notamment culinaires, des Battambangais, là où la tradition perdure, là où la modernité et l’industrialisation alimentaire n’ont pas encore tout bouleversé.

Ainsi, il faut partir découvrir les villages de Donteav, de Watkor ou de Ksach Puoy et s’essayer, au bord de la route, aux rice cakes préparés par les mères et les grands-mères cambodgiennes, des gâteaux à base de riz séché et déshydraté, cuits dans des tubes et accompagnés de sucre et de coco, aux bananes séchées, minutieusement découpées et dorées plusieurs heures au soleil, à l’alcool de riz artisanal, parfois arrangé à la peau de banane, à la cannelle ou au gingembre, péché mignon, plaisir secret des femmes de la région, et préparé dans une cuve chauffée par un énorme four traditionnel, aux nouilles, encore confectionnées chaque jour à la main, à l’aide de balances, de poulies, de massues et d’autres outils presque ancestraux, aux bamboo steak rice, douceurs sucrées à base de riz gluant et de beans cuits dans des tiges de bambou plongées dans les flammes, ou encore aux rice papers, les feuilles de riz utilisées dans la préparation des spring rolls, un mélange de farine de riz et d’eau que la vapeur transforme en fine crêpe que l’on fait sécher au soleil.

Autant de surprises gustatives à consommer sans modération.

Pour un tour gastronomique dans les villages non loin de Battambang : Sam et son agence Free Cycling Tour. Location du vélo : 5 dollars.