Diesel Nacional, une révolution industrielle.

L’environnement du Diesel Nacional est pour le moins différent de tout ce qui peut se trouver à La Paz.

Dissimulé derrière une grande entrée en fils barbelés, un morceau de chemin de fer et une porte tambour qui ressemble à un portillon de wagon, le pub pacénien (qui sert également à manger jusqu’à une heure du matin) offre un univers tout droit sorti de la grande époque de l’industrialisation.

À l’intérieur, le décor n’est fait que de pièces non recyclables qui trouvent ici une seconde vie : de hautes voûtes faites de plaques de métal, un énorme moteur d’avion (un Curtiss datant de 1948), de gros ventilateurs d’échappement, une cheminée rugissante, sorte de vieux chaudron en taule qui tourne au diesel, des écrous, des chaînes, tables en ferraille, d’antiques crochets utilisés pour soulever des conteneurs ou encore quelques trompettes hors d’usage qui pendent au plafond. Mêmes les toilettes sont composées de morceaux d’acier, qui appartenaient autrefois à des trains et à des avions. L’ambiance est sombre, obscure, presque sale. On a le sentiment d’être dans une usine des années 1900, une salle des machines au fond d’un bateau, dans un sous-marin, dans une mine, ou encore de participer à la ruée vers l’or noir au milieu du 19ème siècle aux États-Unis.

Une atmosphère qui se retrouve dans les cocktails, bien souvent explosifs : le Petrodiesel (whisky, gin, martini et tabasco) racle la gorge, le Chitochatarra, autrement appelé le « Bolivian politicien Son of a Bitch’s typical dirty business » marie scotch et clou de girofle, le Koursk vous envoie instantanément au fond de la Mer de Barents, le Bastardo (Dubonnet, bourbon et miel) porte bien son nom, le Beso Siciliano (bourbon et Amaretto) ferait presque tousser le Parrain, l’Anthrax est un véritable poison, et le sigani national, équivalent bolivien du Pisco, se sirote à toutes les sauces.

Un aller simple pour un enfer délicieux.

Diesel Nacional, Av.20 de Octubre.