Don Julio, les plaisirs de la chair.

La viande fait partie, au même titre que le tango, les gauchos ou le football, des traditions, de la culture, des piliers de la nation argentine. Elle constitue un art de vivre, un savoir-faire inégalé, presque une religion. À Buenos Aires, les adresses pour s’envoyer un bon morceau de barbaque se comptent par dizaines, et la quête du meilleur steak ou de la meilleure parilla de la ville peut se révéler une délicate affaire.

Le Don Julio, installé dans le quartier bourgeois-bohème du vieux Palermo, est depuis sa création en 1999, l’un des candidats les plus sérieux à ce titre tant convoité, à tel point qu’il a été classé en 2015 parmi les cinquante meilleurs restaurants au monde. Au coin de la rue Guatemala, dans un bâtiment datant du XIXe siècle aux murs intérieurs tapissés de bouteilles de vin sur lesquelles les clients sont invités à laisser un petit mot, le Don Julio ne plaisante pas avec les saveurs et la tradition. Le patron de la maison, Pablo Rivero, est fils et petit-fils d’éleveurs – producteurs d’Anges et d’Hereford, et basés à Rosario, 300 kilomètres au nord-ouest de la capitale. Le parfum, la générosité et la puissance du goût et la tendresse de la viande sont le résultat de la maestria familiale, de la passion de ces hommes pour leur métier, de l’amour et du soin apportés au sacrosaint des carnivores, cette fameuse « carne » chérie, sacrée, conservée pendant au moins vingt-et-un jours pour qu’elle atteigne sa maturité optimale.

Le chorizo, l’asado, le faux-filet, l’aloyau, la longe, le ris de veau, entre autres, s’accompagnent d’excellentes frites maison et de champignons, et surtout de l’une des très nombreuses bouteilles de la cave, du Malbec, du Syrah, du Pinot noir ou du Cabernet Sauvignon.

Le paradis des carnassiers et des bons-vivants.

Parrilla Don Julio – Guatemala 4699.