Lac Titicaca, le grand bleu.

C’est un rêve d’enfant. Une destination lointaine au nom un peu comique, qui semble imaginaire, presque irréelle. Une frontière fascinante et monumentale, et qui paraît infinie, entre deux pays à la beauté magnétique, enivrante, presque hypnotique. Un carrefour, aussi, des anciennes civilisations amérindiennes, des Incas, le premier d’entre eux, Manko Capac, fondateur de l’empire à Cuzco, ayant surgi de ses eaux selon la légende, aux Uros, dont la dernière représentante s’est éteinte il y a un demi-siècle, en passant par les Tiwanaku, qui ont dominé la moitié sud des Andes centrales entre le Vème et le VIème siècle, ou encore les Aymaras, les derniers à s’accrocher aux rives du fameux Titicaca.

Sur les rives de ce lac, le plus grand en volume et en longueur en Amérique du Sud, et le plus haut accessible à la navigation (3812m), les yeux des voyageurs, comme ceux des conquérants à une autre époque, se perdent dans l’immensité d’un bleu sans fin, fantasment une étendue d’eau aussi vaste qu’une mer, qu’un océan, cherchent la terre, sans la trouver, à l’horizon.

À l’ouest, côté Pérou, les villes de Puno et de Juliaca, leurs îles flottantes d’Amantani et de Taquile, petits bijoux malheureusement devenus paradis touristiques un peu trop artificiels, attractions made in Disneyland souvent prises d’assaut, et surtout les sommets enneigés de la Cordillère Royale, qui culminent à plus de 6 000m. À l’est, la Bolivie et sa balnéaire Copacabana, point de départ d’expédition vers l’Isla del Sol, véritable berceau de la civilisation inca, et sa petite soeur, l’île de la Lune.

Sur l’île du Soleil, que l’on peut traverser du nord au sud et vice-versa en quelques heures, pas moins de 80 ruines datant du XVème siècle, quand ce havre de paix était un sanctuaire inca : un temple dédié au dieu Soleil, la Roca Sagrada, ou Roche Sacrée, la Chicana ou encore le Palacio de Pilkokaina. Au-delà de ces vestiges, les archéologues estiment que ces terres étaient déjà habitées trois millénaires avant notre ère. À peine plus de 2 000 habitants occupent désormais, dans trois communautés éparpillées, ce petit bout de terre au relief accidenté, au sol dur et rocailleux, parsemé de vallées fleuries d’eucalyptus. Ces indiens d’origine quechuas et aymara vivent d’un peu de pêche et d’agriculture, et bien sûr du tourisme.

Difficile d’ailleurs d’éviter aujourd’hui le flot de globe-trotteurs qui rend la visite des lieux moins authentique, à moins, peut-être, de s’aventurer loin, très loin des sentiers battus, sur les berges les moins accessibles de cet intarissable réservoir.

À Copacabana, Andes Amazonia propose le transport en bateau jusqu’à la Isla del Sol pour 50 BOS Aller/retour soit 7 euros environ.