Paraiso, de la rue à la galerie.

Derrière cet endroit unique en son genre à Lima, la volonté d’une marque locale de vêtements, Lama, de donner davantage de voix et de visibilité à l’art urbain péruvien, qui ne franchit que très rarement les portes d’une galerie. Depuis décembre dernier, le projet, également porté par Entes y Pésimo, les créateurs du Festival International de Street Art « Latidoamericano », promeut l’art de rue, les peintures murales et les graffitis au 325 de la rue Jr. Gonzales Prada dans le quartier de Miraflores, non loin des marchés artisanaux remplis de touristes.

Après Jade, Rafafans ou encore Zosen, Paraiso s’internationalise avec une exposition consacrée aux oeuvres de Gleo, jeune Colombienne de 24 ans, dont les principaux travaux squattent les murs de Cali et de Bogota dans son pays natal. Son travail, un mélange de détails hypnotiques, de modernité fantasque, de couleurs vives et de techniques traditionnelles de peinture au pinceau et au rouleau, interpèle, fascine, envoûte. D’autant plus qu’elle ne se contente pas, pour ce rendez-vous à Paraiso, des limites d’une toile ou d’un cadre, sa folle imagination envahissant les parois de cette vitrine pour les talents urbains.

En marge des expositions, l’espace culturel présente également les dernières créations de Sara Vilchez et Neil Galloso, les deux créateurs de Lama. L’entreprise liménienne est plus qu’une simple marque de vêtements, de bijoux et d’accessoires : son approche est artistique, sa volonté est de s’inscrire dans un mouvement plus large, et chaque pièce, jamais produite à plus d’une trentaine d’exemplaires, est le résultat des expériences, des rencontres, des voyages de ces deux architectes du textile, et entretient par conséquent une relation très forte avec le moment présent, l’émotion vécue et partagée. L’art dans tous ses états.

Paraiso –  Jiron Gonzales Prada 325, Miraflores.