La région de Coquimbo, entre ciel et terre.

Une fois traversé le désert d’Atacama, ses paysages hyperarides, ses lagunes turquoises, ses geysers lunaires et ses volcans qui tutoient le ciel, la région de Coquimbo, patrie de la célèbre poétesse et prix Nobel de littérature Gabriela Mistral, est une plongée au coeur d’un autre Chili, riche de sa culture, de ses côtes, de sa steppe mais aussi de son ciel, étoilé comme nulle part ailleurs dans le monde.

La Serena, sa capitale, est l’une des villes du Chili qui a su le mieux conserver son architecture coloniale, et son calme, sa tranquillité, et les beautés naturelles qui l’entourent attirent chaque année de nombreux touristes. Ses infrastructures hôtelières en ont également fait au fil du temps un lieu de villégiature, très fréquenté par les Chiliens, venus de Santiago et de Valparaiso pour un week-end ou une semaine de repos. L’avenida del Mar, et ses imposants cocotiers, montrent le chemin vers le Faro Monumental, et vers l’Océan Pacifique, pour une fraîche baignade quand la ville parvient à se débarrasser de sa grisaille habituelle, une brume côtière causée par le courant froid de Humboldt et l’humidité qui règne dans l’air. La place des Armes, entourée par le siège du gouvernement régional, le tribunal, des musées et la cathédrale de la ville, le marché de la Recova, ses fameuses lapis-lazuli, pierres bleu azur extraites des gisements voisins d’Ovalle, ses papayes confites, gourmandises très appréciées des Séréniens, et son piano libre où certains s’assoient quelques instants pour une petite mélodie, la place Gabriela Mistral, où les jeunes viennent répéter leur chorégraphie de hip hop, la feria de Abastos, où tout La Serena vient s’approvisionner en fruits et en légumes, mais également ses zones de sûreté, qui rappellent que les tremblements de terre sont monnaie courante au Chili, servent de décor à cette ville d’un peu moins de deux millions d’habitants.

Surtout, la région est connue pour ses observatoires (Cerro Morado, Cerro Pachon, El Tololo, Mamalluca, Vicuna), repère des amoureux des étoiles, qu’ils soient amateurs ou professionnels. Les vallées qui les abritent bénéficient d’un climat idéal pour l’astronomie, le ciel étant dégagé plus de 300 nuits par an. Amas globulaire de plusieurs centaines de milliers d’étoiles, comme le 47 Tucanae, galaxies voisines, nébuleuses, et autres constellations se contemplent à coup de télescopes géants, mais le spectacle s’apprécie tout autant à l’oeil nu.

La région de Coquimbo offre par ailleurs une alternative délicieuse au phénomène du Desierto Florido qui sublime parfois, entre septembre et novembre quand les précipitations sont inhabituellement importantes, le désert d’Atacama, alors recouvert par endroit de fleurs multicolores. L’Isla Damas, une centaine de kilomètres au nord de La Serena, se recouvre plus fréquemment que le reste de la région d’un tapis de malvillas violettes, de suspiro del mar, bleues et qui virent au blanc en fin de vie, d’ananuca rouges, et de hierba de la lombriz blanches qui viennent s’ajouter aux cactus copiapoa (ronds) et coppa (allongés). Ses îles voisines, Choros y Chanaral, sont habitées par les pingouins, les cormorans, les piqueros, les lions de mers et les dauphins qui font la richesse de la faune de la région.

Enfin, 70 kilomètres à l’est de La Serena, entre Vicuña, Pisco Elqui et Montegrande se dresse la Vallée de l’Elqui, qui tire son nom du fleuve du même nom, et qui mélange terre ensoleillée et fertile, recouverte de vignes et coeur de la production nationale du pisco (on peut d’ailleurs visiter les fabriques artisanales, familiales et traditionnelles de cette eau de vie de raisin), et montagnes aux sommets arides. Elle éveille par ailleurs toutes sortes de fantasmes : les communautés qui y vivent assurent que la Vallée de l’Elqui, serait le centre énergétique de la planète, et même une piste d’atterrissage privilégiée pour les extra-terrestres.