Salar de Uyuni, l’infiniment blanc.

C’est le fantasme de tout voyageur, de tout explorateur amateur, de tout amoureux de la nature et des grands espaces. Si l’expérience doit être plus puissante encore à la saison des pluies, entre décembre et février, période à laquelle le plus grand désert de sel au monde est recouvert d’une fine couche d’eau qui lui donne des allures de miroir sans limite, le Salar d’Uyuni tient toutes ses promesses.

À l’infini, un tapis blanc, presque immaculé, dur comme de la pierre, doucement salé (la curiosité pousse assez rapidement à goûter du bout de la langue quelques fragments de cet interminable sol), que seuls les nuages et quelques montagnes volcaniques, semblables à des mirages aux courbes sensuelles qui disparaissent dans la brume née de la chaleur renvoyée par ce plancher d’ivoire, viennent perturber. Partout à l’horizon, un paysage aveuglant, à la fois grandiose et désolé, où des résurgences de sel dessinent d’étranges hexagones entre juin et novembre, résultats aussi de la lente évaporation du lac préhistorique Lago Minchin, il y a dix millénaires. Ici, les distances sont invisibles, les perspectives transfigurées, la démesure et le vertige prennent la place de toute notion d’espace et l’éblouissante lumière semble avoir ôté toute forme de vie à des kilomètres à la ronde. À la tombée de la nuit, le blanc du sel et l’azur du ciel laissent place à un florilège de couleurs, du rouge au noir, en passant par le jaune, l’orange et le rose. Les couchers de soleil sont au coeur du Salar, peut-être plus encore que partout dans le monde, un spectacle inoubliable.

Près de 70 véhicules remplies de baroudeurs en quête de grandeur traversent chaque jour le Salar d’Uyuni, occasionnant quelques « embouteillages » autour de certains sites très prisés, du cimetière de trains, à l’entrée du désert, où s’entassent une vingtaine de locomotives autrefois utilisées pour le transport de minerais vers Antofagasta au Chili, à l’île d’Incahuasi, une colline recouverte de cactus dont certains atteignent quatre mètre de haut, au coeur de ces 10 582 km2 arides et dépeuplés. Surtout, le passage répété de ces véhicules a créé, le long de certains axes privilégiés, de longues traces plus sombres qui abîment la beauté des lieux. Un empoisonnement inexorable que le plaisir coupable de s’aventurer aux confins de ce monde à part suffit bien souvent à faire oublier.

Andes Salt Expeditions propose 3J/2N (transport/alimentation/hébergement) pour visiter le Salar de Uyuni ainsi que le Sud Lipez pour 700 Bolivianos soit 95 Euros environ.  S’il est disponible, demandez le chauffeur Bernardo, une vraie pile électrique !